Bitis arietans arietans

L'ELEVAGE DE LA BITIS ARIETANS ARIETANS

 

Cette vipère est appelée couramment vipère heurtante, son aire de répartition couvre presque toute l'Afrique, mais principalement les régions du Nord. Son corps est trapu la tête est bien marquée par rapport à son corps, de couleur grisâtre, une forme jaune orangée provient typiquement de Tanzanie. Sa taille varie d' 1m10 à 1m40 pour les plus grandes.

Contrairement à la Bitis gabonica (vipère du Gabon) qui est plutôt placide, la vipère heurtante est  irascible, nerveuse, agressive et très rapide, une attaque à été mesurée à 1/25éme de seconde d'où son nom. Lorsqu'elle se sent menacée, elle opte pour une position en « S », la tête positionnée vers le bas, elle se gonfle d'air et souffle alors violemment. Anciennement très prisée des terrariophiles, elle est devenue plus rare de nos jours, ceci probablement à cause de la diversité des espèces de serpents plus petites et disponibles lors de bourses d'échange, de plus, sa dimension à l'âge adulte y est également à mon avis responsable. Pour info, les Bitis arietans en provenance de Tanzanie ont une taille allant de 90 centimètres à 1m10.

Lorsque l'on veut manipuler ce genre de serpent, il faut utiliser le tailing, c'est-à-dire qu' on soulève la vipère avec un crochet de manipulation sur le premier tiers du corps et on saisit le dernier tiers avec l'autre main, une dizaine de centimètres  juste avant la queue. Là le risque d'accident est réel, donc la prudence est de rigueur, mais c'est d'après moi le meilleur moyen de manipuler cette grosse vipère.

Je maintiens un couple adulte dans un terrarium de 160x50x50 cm, comme substrat, j'utilise un mélange de tourbe blonde 70% et de sable 30% que je change tous les trois mois. Un sol composé de journaux peut également convenir (facilité de nettoyage mais moins esthétique). Au niveau de la décoration, une souche d'arbre ainsi que quelques pierres plates garnissent le terra. Je maintiens une température journalière  de 27 à 29°c avec un point chaud à 33°c, ramenée la nuit  aux alentours de 20°c. La nourriture est constituée de rats adultes à raison d'une à deux  proies par repas tous les quinze jours approximativement. Un récipient d'eau est disponible une fois par semaine dans le terrarium, que je retire en fin de journée ou  une fois vidé.

Pour pouvoir reproduire cette espèce, j'ai opté pour un repos hivernal d'environ  deux mois (novembre et décembre), pour cela, je diminue ma température de deux degrés tous les trois jours, le temps de  luminosité quant à lui est diminué d'une heure tous les deux jours jusqu'à obtenir une température variant de 18 à 20°c et un terrarium mis dans la pénombre.  Le pot d'eau est retiré une fois la température atteignant les 20°c. J'essaye également de séparer le mâle de la femelle pendant cette période.  Pour en arriver là, je laisse le mâle dans le terrarium initial, la femelle passera son temps de repos dans un autre. Pour le « réveil » de mes serpents, concernant la température et la luminosité, je procède de façon inverse. Le mâle est réveillé en premier, il n'est pas nourri mais un récipient d'eau est installé dans le terra. La femelle quand à elle est nourrie une ou deux fois dans un autre terrarium, avant d'être mise en contact avec le mâle une fois qu'elle aura évacué ses excréments. Normalement si le repos a bien été réalisé, l'accouplement ne tardera  pas. On  pourra observer des hochements  de tête du  mâle avant que celui-ci essayera de relever la queue de la femelle et d'introduire son hémipénis dans le cloaque de la femelle.  On constatera trois à quatre mois plus tard une naissance qui pourra comporter de 20 à plus de 50 jeunes (un ami à moi à eu en 1987 une portée de 85 jeunes pour une seule femelle). Ils seront nourris dès la première mue de petites souris, le gavage sera ici inutile car la vipère heurtante juvénile ne pose aucune difficulté pour se nourrir seule. Je précise que pour cette espèce, la croissance est rapide et il faudra donc prévoir de petits terrariums pour les accueillir.

La venimosité :  Son venin est cytotoxique et hémotoxique. Après une morsure, on constate une douleur immédiate et intense sur le membre atteint, œdème compressif et dur pouvant amener à un syndrome des loges, hémorragies, thrombose veineuse, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, fièvre, problème de coagulation, trombopénie, pétéchies, hématurie, tachycardie, hypotention, phlyctènes, ischémie musculaire, un syndrome nécrotique  extensif profond et grave pouvant aller jusqu'à une amputation, insuffisance rénale.

 

Flandroit Patrik