reptiles

Naja atra

L'ELEVAGE DU NAJA  ATRA

 

Comme son nom l'indique, le cobra chinois provient essentiellement de Chine mais aussi de Taïwan, Laos et Vietnam.

De couleur gris foncé avec sur le cou face dorsale, un dessin blanchâtre sous forme de lunette ou monocle, ce dessin est très souvent peu ressemblant mais parfois très net. Plusieurs variantes de couleurs existent  dans cette espèce par rapport à sa provenance. Exemple, les animaux provenant de Taïwan sont très clairs (couleur crème) et ceux de Chine sont gris foncé.

Sa taille varie de 120 à 140 cm.

Je maintiens un couple adulte dans un terrarium de 160 x 50 x 50 cm, comme substrat, j'utilise de la tourbe blonde  sur une épaisseur de cinq centimètres. Comme c'est un excellent grimpeur, quelques racines et branches solidement fixées sont disposées si et là dans le bac. Une boîte en bois avec une ouverture sert d'abris aux animaux, celle-ci est visitée par mes soins régulièrement car ce cobra apprécie de déféquer à l'intérieur. Un bassin d'eau tempérée et suffisamment grand est laissé à disposition, mais l'eau y est changée tous les jours. Le terrarium est également pulvérisé d'eau au moins une fois par jour (personnellement j'ai stoppé les pulvérisations depuis longtemps). Je précise que le cobra chinois vit dans un milieu humide et si cette humidité n'est pas respectée, des problèmes de mue surviennent. Il se déshydrate également très vite. Mis à part ce problème d'humidité, sa maintenance est relativement facile.

C'est un serpent de nature agressive, se dressant et cherchant à mordre au moindre mouvement du soigneur devant son terrarium, de ce fait, une cachette pour cette espèce est ici très utile pour éviter que les animaux ne se blessent  en frappant à tout va sur les vitres. Pour manipuler ce cobra, j'utilise un crochet de manipulation d'environ un mètre. Avec cette espèce, il y a depuis maintenant pas mal d'années une polémique qui me parait très importante, à savoir si oui ou non ce serpent fait partie des serpents cracheurs, et bien en août 2017 et pour la première fois j'ai reçu un jet de venin sur le visage (le serpent était dressé avec sa coiffe déployée, il s'est mit à souffler et un jet de venin y est sorti de sa bouche). Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un véritable cracheur vu sa denture qui n'est pas adaptée, mais attention aux jets de venin qui peuvent survenir lorsqu'il se trouve dans une position menaçante !

En captivité, ils sont nourris de souris ou jeunes rats adaptés à la taille des serpents. Si un mâle cohabite avec une femelle dans un même bac, il faut les séparer lors de la distribution de nourriture et faire attention au cannibalisme, très courant chez ce serpent tout comme son cousin le Naja kaouthia.

La température de jour est maintenue aux environs de 26 °c, ramenée la nuit vers les 20°c. Cette espèce en comparaison avec d'autres cobras ne nécessite pas une trop forte chaleur. Un repos hivernal à 20°c est réalisé entre décembre et février, pour se faire, les animaux sont laissés dans leur terrarium, la lumière étant absente, un bac d'eau est tout de même laissé en permanence. Evidemment, pendant ce laps de temps, les serpents ne sont pas nourris.

Vers le mois de mars, parfois avril, les accouplements commenceront et deux mois plus tard, la femelle pondra entre 8 et 12 œufs dans une boîte ou j'aurais mis une couche de 5 cm de vermiculite maintenue humide, ils écloront entre 46 et 55 jours plus tard (selon la température d'incubation). Si les œufs ne sont pas retirés, il arrive très souvent que la femelle les couve, le mieux étant de les mettre en incubation à une température de 28° à 31°c si l'on veut obtenir peu de perte. Les jeunes ont un caractère belliqueux, ils se dressent  très souvent déployant le large capuchon et frappent cherchant à mordre, même à travers la boîte de maintenance. Ils sont maintenus sur sopalin humide pour éviter des difficultés lors de la mue. J'installe également une petite cachette pour qu'ils se sentent en sécurité. Bien évidemment, ils sont placés individuellement.

La venimosité : Son venin est neurotoxique et  hémotoxique. Lors d'une morsure, on constate : une rougeur locale suivie de cloques ainsi qu'une nécrose pouvant s'installer, céphalée parfois forte suivant la personne, nausées, vomissements, tremblements, transpiration à profusion, parfois hémorragies locales, palpitation cardiaque,  hypotention artérielle, collapsus parfois suivi d'un arrêt cardiaque, raideur dans les muscles, paralysie de la langue, problème d'élocution, difficulté respiratoire, perte de connaissance et comas. Une assistance respiratoire peut être effectuée si le cas de la victime s'aggrave.

 

Flandroit Patrik