Crotalus scutulatus scutulatus

L'ELEVAGE DU CROTALUS SCUTULATUS SCUTULATUS

 

Le crotale de Mojave se rencontre principalement dans le Sud-ouest des Etats-Unis (Californie, Utah, Texas, Californie) et au Mexique. Sa couleur est le vert olive, brun clair et brun foncé, des taches rondes ou en forme de losanges brun clair à brun foncé ornent son dos. Sa queue est comme l'atrox, blanche ornée d'anneaux noir mais moins contrastée. La sous-espèce Crotalus scutulatus salvini vient quant à elle du Mexique, sa coloration est le rose clair à vif, le dessus de la tête est noir ainsi que la queue.

Sa taille varie de 90 à 100 cm, rarement plus.

Je possède un couple adulte dans un terrarium de type désertique de 100 x 50 x 50 cm. Le sol est constitué de sable fin sur une épaisseur de 4 à 5 cm sur lequel est disposé quelques branches et écorces de chêne liège. Mon couple n'est pas souvent visible car il préfère rester caché sous l'écorce pour n'en sortir qu'au crépuscule. Par contre lorsque je dois ouvrir le terrarium, soit pour faire l'entretient soit pour la distribution de nourriture, le crotale de Mojave étant de nature curieuse, il sort subitement la tête venant voir se qui s'y passe, et se lance dans les vitres pour mordre.

Le comportement du crotale de Mojave est relativement calme, mais vu la dangerosité de son venin, lors de manipulations, la prudence est de mise (comme toutes manipulations de venimeux d'ailleurs). Il tient très bien au crochet de contention et une fois soulevé, il cherche rarement à frapper en direction du soigneur. En comparaison avec le Crotalus atrox, le scutulatus est placide. Par contre, la sous-espèce Crotalus scutulatus salvini est quant à elle plus nerveuse et agressive. Dès que je passe devant le terrarium, il se love sur lui-même, déploie son cou en « S », soulève la partie antérieur du corps, la queue est à la verticale et son bruiteur sonne très fort. Il est alors en position de défense et prêt pour se détendre et mordre. Son attaque est rapide, puissante et précise. En se jetant en avant gueule largement ouverte et ses crochets à venin son projetés bien en avant en direction du soigneur, même s'il rate son attaque, il se remet de suite dans la même position et peut recommencer si c'est nécessaire.

                                                                                        Photo d'un Crotalus scutulatus salvini.

Le crotale de Mojave lui aussi, se met en position de « S » qui est la position de défense des Vipéridés et il n'hésite pas à frapper dans les vitres si je m'attarde devant le terrarium. Lorsque je dois le manipuler, il faut le faire très lentement, les gestes sont précis  et l'on doit agir avec une extrême prudence pour éviter toute morsure.

La température de jour est maintenue aux environs de 26°c avec un point chaud sous un spot de 40 watts de 32°c, j'ai remarqué qu'ils ne se mettent jamais sous ce spot. La nuit, la température est ramenée entre 20 et 22°c. Un bol d'eau est installé et retiré une fois vidé. Je ne fait aucune pulvérisation dans le terrarium.

La nourriture est constituée de souris adultes adaptées à sa taille, pour mon couple, je distribue deux rongeurs deux fois par semaine. Parfois il m'arrive de proposer des jeunes de rats de plus ou moins 60 grammes.

Un repos hivernal est réalisé entre novembre et janvier, pour se faire, les animaux sont laissés dans leur terrarium, celui-ci étant plongé dans l'obscurité (tenture installée sur les vitres faciales) et la température avoisine alors les 20°c.

Vers le mois de mars ou avril, les accouplements commenceront et quatre mois plus tard, parfois un peu plus, on assistera à la naissance de cinq à une douzaine de jeunes mesurant de 25 à 30 cm qui seront nourris dès la première mue de souriceaux morts portés au bout d'une pince d'une quarantaine de centimètres de longueur. Avec cette espèce, le gavage s'avère inutile car les bébés ont tendance à se nourrir facilement.

La venimosité :  Le venin de ce serpent est fortement neurotoxique, cytotoxique et hémotoxique. Je tiens à préciser que ce serpent est considéré comme étant  le plus neurotoxique des serpents à sonnettes.

Lors d'une morsure, on constatera : Nausées et vomissements à répétition,  tremblements, engourdissements et picotements du visage, anomalie de la vision, difficulté pour parler et avaler, œdème extensif, pétéchies, méléna, douleur  abdominale, diarrhées à profusion, hypotention artérielle, difficulté respiratoire, relâchement des muscles faciaux avec paupières tombantes, bronchospasme, hyper salivation,  ecchymoses,  nécrose extensive, de graves hémorragies, insuffisance rénale, problème de coagulation, paralysie des muscles, insuffisance rénale, perte de connaissance, ischémie du myocarde, coma. La mort survient si une sérothérapie n'est pas prodiguée le plus rapidement possible en milieu hospitalier. Une assistance respiratoire est utilisée si l'état de la victime est critique.

 

Flandroit Patrik